La danse majestueuse et inconfortable du Yogi.

Chers Amis Sanctuayriens,
Chers Sanctuayristes du Grand Tout étant aussi le Grand Rien,

Cela faisait bien longtemps. J’espère que vous vous portez bien.

Plusieurs livres lus et écrits, plusieurs vies vécues en voyages et plus encore, et me voici de retour.

En relisant le message de bienvenue de ce blog, je réalise, avec du recul, toute son audace et toute sa justesse. Il y a deux ans, alors que je vivais en suspension entre l’Europe et l’Amérique, aux prises avec une soif inextinguible, un appétit dévorant de connaissance de l’Être-Divin, j’ai ouvert Le Sanctuayre. Dans le repli de ce mouvement vers l’intérieur qu’est la quête spirituelle, ce temps de fermeture au monde qui nous happe, nous possède tout en grand, j’ai souhaité ouvrir une porte pour créer une passerelle vers vous, autres cherchants, dans la réflexion commune, dans l’étude et la recension d’enseignements modernes ou anciens, de textes ésotériques ou religieux peu ou mal connus.

Je ne vivais pas seulement en suspension entre deux mondes terrestres, je vivais aussi en tension entre deux états intérieurs: d’un côté, il y avait le désir hypnotique, addictif de la matière; le désir d’être-avec qui nous main-tient tous. Être avec les choses, être avec les gens, être avec ses actes, agir constamment dans le monde pour que cet être-avec soit constamment nourri et me contienne. Nous le faisons tous. Nous passons tous par là. Certains y demeurent d’ailleurs une vie entière. Et d’un autre côté, en moi, il y avait un autre état, comme un écho régulier, un signal émis en continu depuis les contrées de l’invisible, encore plus puissant que l’attrait de la matière et tous ses jolis apparats: c’était l’être-avec la Divinité, l’être-avec la dimension cachée de l’existence.

Bashar dit que seul les Maîtres peuvent soutenir la tension du paradoxe. Il a tout à fait raison. Parce que cette tension paradoxale s’est avérée insoutenable.  Je n’en pouvais plus de tous mes livres, de toutes mes méditations, de toutes mes conversations sur la Source. Je n’en pouvais plus des grands speeches du New Age qui vous présentent Divin-Le-Grand-Tout comme un Banquier à satisfaire ou qui doit nous satisfaire, ces discours bavards du dimanche qui réduisent la relation de l’Homme au Divin à une transaction propitiatoire. Je n’en pouvais plus de ceux qui finissent leurs phrases par « Namasté » en attendant que vous leur signiez un chèque ou simplement pour vous mystifier. Je n’en pouvais plus de ceux qui parlent de lumière tout le temps alors qu’ils sont eux-mêmes plein de colère, de fausseté et d’obscurité. Ce qui, vous vous en doutez bien, peut-être parce que vous l’avez vécu aussi, avait pour effet de réveiller ma propre colère, ma propre obscurité. Je désespérais de trouver la Source de toutes choses en eux, j’ai même commencé à désespérer de la trouver en moi.

Alors, après avoir lu tous les livres possibles et inimaginables sur le Divin pendant 4 ans, je me suis demandée pourquoi tous les grands Maîtres de l’Esprit, tous les Saints venaient de l’Orient. Nous avons transformé le Christ en figure religieuse occidentale mais cet homme était un oriental. Point barre. Muhammad, dont on utilise aujourd’hui les enseignements spirituels pour légitimer la haine de son prochain, venait lui aussi d’Orient. Zoroastre venait d’Orient. Lao-Tseu, Tchouang Tseu, Confucius venaient d’Orient. Le Bouddha venait d’Orient. Krishna venait d’Orient. Ainsi, tout naturellement, j’ai recherché un enseignant d’Orient encore vivant. Je l’ai trouvé en Amérique aussi. Il se faisait appeler « Gurudji ». Son nom importe peu. Ce qui importe, c’est ce qu’il a fait et la Voie sur laquelle ses actions m’ont mise. Ce guru m’en a appris plus sur les manifestations du Divin que tous les enseignants d’Occident réunis, que tous les livres ésotérico-philosophiques de ma bibliothèque réunis (et il y en a vraiment beaucoup…en papier et virtuel, je dirais l’équivalent d’une bonne forêt équatoriale).

Ce guru m’a appris une chose que l’on nomme Bhakti Yoga et Mantra Yoga. Par la pratique de plusieurs mantras (mot sanskrit que l’on peut traduire par « qui protège le mental »), il m’a appris à approcher le Divin comme une enfant démunie. Toute pleine que j’étais de mes connaissances sur Lui, je devais venir à Lui comme une enfant recherchant le sein perpétuellement nourricier de sa mère, et la protection omnisciente et infaillible de son père. Je devais venir à Lui comme si je ne savais rien de Lui. Et je devais le chanter pour qu’il m’entende. Le chanter à voix haute, très souvent, le chanter très fort. Le chanter avec émotions. J’ai adoré chanter, je me suis délectée de la poésie rituelle de Bhakti mais j’ai aimé le Divin plus que je n’a aimé Bhakti.

Des amis co-méditants du monde entier pratiquaient Bhakti avec moi pour des raisons diverses, mais très peu variées. Ils pratiquaient Bhakti pour demander à la Divinité sous ses formes multiples de régler leurs problèmes. Il y avait Lakshmi et Vishnu, pour régler les problèmes d’argent, Kala Bhairava, pour les transformer en maîtres du Temps, Le Seigneur Shiva pour vider le puits perpétuel des eaux boueuses de leur karma, sa forme féroce nommée Rudra, pour vaincre leurs ennemis dans un déferlement de colère divine; il y avait aussi Ganesha, ô Éléphantesque Ganesha, le Gardien du Temple des Dieux, Divin Créateur de problèmes et Divin Solutionneur de ces mêmes problèmes. Et il y avait Krishna, que l’on ne présente même plus, tant il a atteint le statut de rock-star de la Divinité chez les humains, au même titre que le Christ ou le Bouddha. Plus rock-star encore que ces deux Yogis-là, peut-être, puisque le Christ a été fugitif -et probablement alcoolique-, et que le Bouddha a été…le Bouddha, c’est-à-dire torturé, impassible, éteint et vu de loin, renonçant à la joliesse même d’être humain. Krishna, quant à lui, a été homme d’état, et DJ, et dragueur impénitent, et bandit, et mari, et amant, et père, avant de devenir la Voix directrice et sublime-terrible de la Gita. Oui j’ai un biais, je le reconnais. J’aurais certainement fait partie des Gopis qui dansaient au son de sa flûte dans Vrindaven si je n’avais pas eu cette allergie au lactose.

Pour en revenir à Bhakti et au chemin qui est maintenant le mien, j’ai appris qu’effectivement, j’étais arrivée à la croisée des chemins. Toutes ces psalmodies de mantras mélangés et de rituels -hautement poétiques- mais épuisants à respecter m’ont désenchantée. Tout autant que l’absence de résultats tangibles. Réciter un mantra parce qu’il nous donne la pêche, c’est comme boire un verre de vin (ou la bouteille). Ça fait du bien pendant qu’on le fait et une fois qu’on a fini, la sinistrose revient. J’ai récité beaucoup-beaucoup de mantras. J’ai appelé toutes sortes de divinités à l’aide et la sinistrose me quittait un peu avant de revenir toujours. Les sinistroses, ce ne sont pas les problèmes d’argent ou les problèmes de santé, ou encore les problèmes relationnels. Ces choses ne sont que les symptômes, les aspects visibles d’un plus grand mal: l’identité.

L’identité humaine est une maladie. C’est même LA maladie. Transmise par nos parents, qui nous refilent leurs noms et enferment nos vies dans des films, des sagas psychiques que nous n’avons pas choisies. Transmise par nos sociétés, qui prennent le relais et les perpétuent, pour que nous y enfermions à leur tour nos enfants. Transmise par le fait d’être dans un corps qui est tantôt fort, tantôt fragile, qui commence, qui échoue, qui finit, bref une chose trop variable, trop instable pour qu’on lui fasse confiance, ce corps. Une chose organique qui se prend pour nous et qui finit par nous faire prendre pour elle. Voilà la sinistrose. Voilà ma sinistrose. Celle de tous les humains, cherchant le Divin ou pas. Celle que j’expérimentais alors sans pouvoir y mettre un terme effectif. Tout se passait comme si j’étais arrivée à comprendre intellectuellement, conceptuellement que je n’étais pas le corps ou la limite du corps, mais que je n’arrivais pas à mettre ce savoir en mouvement, en pratique ; à le penser suffisamment pour qu’il m’agisse.

Une impasse spirituelle qui vous parlent peut-être?

Eh bien, voilà comment je m’en suis sortie.

Oui, l’Éveil, ce n’est pas une blague. Ça n’arrive pas seulement dans les livres ou dans les mythes, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ça arrive vraiment. Dans le corps d’abord, puis dans la tête progressivement.

L’Éveil est une énergie qui se transmet. Pour commencer à s’éveiller, il faut trouver une source emplie d’Éveil. Si pleine d’Éveil elle-même qu’elle n’existe que sur ce mode et qu’elle ne peut que vous le transmettre. Cette Source est Guru.

C’est l’une des raisons pour laquelle l’Inde continue de perpétuer la tradition Maître-Disciple (Guru-Shishya). En Occident, la dernière incarnation de ce lien privilégié remonte probablement au Vème siècle avant Jésus-Christ l’Oriental, chez Socrate et ses disciples Présocratiques. Peut-être avons-nous eu Helena Blavatsky aussi. En Orient, ce lien est toujours existant, toujours promu, toujours vivace. Au milieu du charlatanisme, de la guruité vénale et du grand n’importe quoi de notre temps, la pureté de ce lien subsiste, persiste. Comme si son intégrité était conservée par la Divinité elle-même, qui prend corps pour incarner Guru, au milieu de la fausseté et du désordre apparents.

La lassitude de chanter à tue-tête les mantras de 7 divinités, de propitier les 9 planètes a eu raison de moi. J’ai fini par consulter une astrologue védique – particulièrement douée- pour lui demander quel était la nature de mon problème. Me sentant de plus en plus proche d’un certain archétype Divin, je Lui ai demandé, en prière, avant la consultation, de me faire passer un message clair par cette astrologue. Je n’ai pas été déçue. Il/Elle a résumé joliment et humoristiquement mon problème en 2 phrases :

  1. « Too many cooks spoil the broth » : Quand il y a trop de cuisiniers, la soupe est gâchée.
  2. « You are running a Saturn dasha and Ketu sits on your 12th house » : Vous traversez les 15 ans de Saturne et Ketu occupe votre 12ème maison.

Je reviendrai dans un autre post plus circonstancié sur cette dernière phrase, à propos de Ketu, la planète lunaire nodale du détachement, considérée -à tort, je pense- comme une planète maléfique, tout comme Saturne.

Pour faire simple, j’ai choisi de remédier au 2ème problème en réglant le premier.

Le Mantra n’est pas une simple formule poétique composée dans une jolie langue mystérieuse et érudite. Il est un bloc élémentaire de la Conscience, tout comme le neutron, l’électron ou le boson, par exemple, sont des blocs élémentaires de la Matière. Lorsqu’on joue avec les éléments constitutifs de la matière, au mieux, ça ne donne rien, au pire, ça donne une bombe. Je me suis prise de passion pour la théorie de la physique il y a quelques années, mais n’étant pas physicienne-et ne cherchant pas à le devenir-, je ne vais pas fabriquer un kit de fission nucléaire avec des éléments commandés sur internet et des tutos. J’exagère, mais c’est fort à propos. Si j’avais voulu devenir physicienne, je me serais inscrite dans une université pour étudier la physique auprès de professeurs physiciens confirmés. J’aurais même affiné mes recherches, me restreignant à un domaine précis de la physique, la physique quantique par exemple, pour en devenir une experte et produire des résultats répliquables par tous mes collègues-étudiants ou chercheurs.

Il en va de même pour l’Éveil. L’on peut s’y intéresser, et c’est généralement ce que l’on fait lorsque l’on parle de « spiritualité ». Mais l’on peut s’y intéresser sans pour autant Le désirer, en diléttante, comme ça, parce que ça fait du bien. Comment obtenir des résultats visibles et durables dans ce cas? Pour apprendre et mesurer ses progrès dans un domaine, donner corps à un savoir particulier, il faut avoir un professeur qui a déjà appris ce que nous cherchons à faire, et il faut avoir le désir d’aller en classe pour s’exercer, être noté, n’est-ce pas?

Dans la foule des désirs qui nous possèdent et se prennent pour nous, identifier Le désir brûlant de Ce que d’aucuns rejettent.

J’ai rompu mon histoire d’amour avec le Bouddha du Bouddhisme -pas avec Siddharta- pour deux raisons simples : 1. Il est athée – 2. Il propose de tuer le désir. Je ne suis d’accord ni avec l’un, ni avec l’autre. Les athées sont comme les tenants du dogme religieux : ils énoncent un discours sur le monde, assorti d’une méthode qu’ils disent supérieure, parce que ses bases sont scientifiques. Pourtant, ce discours et cette méthode n’éliminent pas la souffrance d’exister. Il en va de même pour les tenants du dogme religieux, dont les fondements du discours, ainsi que la méthode (le rituel) sont mythologiques. Là aussi, viandage absolu pour le dogme religieux, qui a échoué dans la mission qu’il s’était pourtant donnée : éliminer la souffrance d’exister. En outre, le fait d’être athée présente  le sérieux désavantage de restreindre considérablement toute possibilité de transcendance, de désidentification au corps, puisque le corps et son appareil sensoriel sont perçus par l’athée comme la seule réalité.

Pour ce qui est des désirs, je les ai toujours soupçonnés d’être de petits miroirs aux alouettes, de pâles reflets d’un Désir plus grand qui les étreindra, ou les éteindra tous. Celui du Divin. Et mon expérience me dit que pour être mise sur le chemin authentique de l’Éveil, il faut le désirer. Pas le désirer comme le désir amoureux, qui survit difficilement au vieillissement de la psyché ou du corps, pas comme le désir d’une paire de Louboutin, qu’on finit par empiler avec ses tongues et ses chaussons (…), même pas comme le désir d’un bon plat de pates qui finit par lasser à force d’en manger, encore moins comme le désir de faire carrière, qui finit par nous user le corps et le mental, ou pire, par nous rendre l’âme exclusivement matérialiste et cynico-capitaliste. L’Éveil, il faut le désirer parce que c’est l’Éveil. Le désirer pour rien d’autre que Lui-même. Parce qu’il est le mouvement naturel des âmes d’éther qui ont fini leur nuit de sommeil dans des corps de chair. Avoir du désir pour l’Éveil comme on a du désir pour le fait de respirer.

Ce désir est une chose toujours disponible, toujours présente, dissimulée dans la masse des désirs qui peuplent nos coeurs et nos psychés. Ce désir, je l’ai vu et je l’ai verbalisé. À deux reprises. La première fois, en m’adressant à la Source, dans son impersonnalité. Je ne savais pas à qui je parlais, comme la plupart d’entre nous, lorsque nous appelons « Dieu ». J’ai dit à cette source impersonnelle que je voulais, comme le Christ, m’éveiller. Je lui ai dit: « Christ me. I want to be christed. »

La deuxième fois, six mois de Bhakti à mantras multiples plus tard, je me suis décidée à choisir un seul aspect de la Divinité. Une seul, mais pas n’importe lequel. Pas celui que j’avais le plus de plaisir à prier, parce qu’en y réfléchissant bien, j’avais beaucoup de plaisir à les prier tous, à l’exception de Lakshmi, que je ne comprenais pas vraiment (je reviendrai dans un autre post sur la Merveilleuse Shakti dont Lakshmi fait vraisemblablement partie). De tous ces archétypes divins, donc, j’ai choisi celui qui avait tous les atouts pour me retenir. Il fallait que le Divin me retienne parce que mes désirs de Matière sont grands, très grands. Ils étaient à l’époque, tout aussi grands que mon Désir d’être en union avec La Divinité. Et pour cette raison, ils avaient le pouvoir de m’enfermer dans leur ravissement et de me ravir littéralement, de m’enlever à l’Éveil.

Cet enseignant qui m’a appris La Bhakti, m’a aussi appris à considérer la dimension mythologique du Divin avec le plus grand des sérieux. J’honorais déjà le Mythe intuitivement, dans ma pratique de conteuse. Mais je ne savais pas qu’il portait en germe le pouvoir de me mettre sur la voie précise-précieuse de l’Éveil. Ainsi, au terme de ces nombreux rendez-vous livresques avec tous mes Amants Divins, j’en ai choisi un. J’ai arrêté tous les rituels, toutes les offrandes, toutes les pujas maladroites de l’Occidentale que je suis (ceci ne change rien à la beauté poétique de la Puja, j’y reviendrai aussi), j’ai remercié l’enseignant de la Bhakti pour ne plus appeler que cet aspect du Divin que j’avais choisi (ou peut-être est-ce lui qui m’a choisie). Je n’ai appelé que lui et seulement lui, pendant un mois. À voix haute, à voix basse. J’ai dit son nom, constamment. Et sous sa forme actuelle, il m’a répondu. Ainsi, j’ai reçu Diksha et Shaktipat de Guru. Celui qui porte un grand G. Celui qui prend corps pour nous guider, celui qui choisit une vie bien à l’avance pour se manifester.

Le but de ce post n’est pas de convaincre ou d’être prosélyte, mais de raconter comment, perdue en terre d’Éveil, j’ai fini par trouver la porte sur laquelle se trouvait l’écriteau où sont inscrits les mots du réconfort du cherchant fatigué : « C’est ici. Entrez ». J’ai voulu partager avec vous ce temps fort de la vie spirituelle que beaucoup d’entre nous recherchent sans savoir comment le trouver. Certains cherchants ne le cherchent même pas et vivent une vie spirituelle atone, catatonique ou en dents de scie, entre pics de manifestations divines et accalmies.

J’ai fait partie de ceux-là et c’est l’écoute du Divin qui m’a mise sur la Voie du Yogi. L’écoute attentive, et l’obsession, et le constat de ma propre petitesse.

Je l’ai souvent écrit sur ce blog, je continue de le penser : Le Divin est une énergie de Tendresse. Mais il est aussi Omnipotent. Il n’a pas besoin de moi. Il n’a pas besoin de nous. Il n’a pas besoin du Sanctuayre. C’est nous qui avons besoin de Lui. Et le besoin du Divin est ce qui l’a présentifié dans ma vie, sous forme d’un guru à corps sanctifié qui m’a transmis une pratique spirituelle authentique. J’ai découvert que pour entrer en Amitié avec Le Divin, il faut s’intéresser à Lui. Pas à soi…On passe toute une vie à s’intéresser à son petit soi et pourquoi faire? Pour finir comment?

Entrer en Amitié avec le Divin, c’est entrer en Terre d’Éveil. Entrer en Terre d’Éveil, c’est être témoin, comme les apôtres du Christ, ou les disciples de Krishna en leur temps, de Sa présence réelle, vivante. C’est sortir du champ de l’imaginaire spirituel pour entrer dans le champ spirituel expérientiel.

On peut convaincre quelqu’un de méditer, on peut convaincre des millions, voire des milliards de personnes de prier, de s’agenouiller, de pratiquer des rites en tout genre. Mais on ne peut pas convaincre quelqu’un d’Aimer le Divin. C’est un amour qui germe tout seul, dans le secret de nos vies, de nos psychés, dans la clarté secrète de nos pensées. Et c’est lorsqu’il a germé chez moi, que le Divin est apparu. Précisément. Pas dans un rêve, pas dans un livre, pas dans une théorie. Mais dans une pratique à laquelle il faudra se consacrer envers et contre tout. Contre mes vieilles croyances, que le Guru désintègre peu à peu (ou parfois très vite), contre mes illusions d’identité, de solidarité, de grandeur, de familiarité.

S’abandonner dans les bras amoureux de Guru, qui mène la Danse dorénavant.

Depuis que j’ai reçu Shaktipat, je réapprends à vivre. On m’avait prévenue : l’initiation marque une nouvelle naissance. Cette histoire de nouvelle naissance dont parlait déjà le Christ, qui était lui aussi une incarnation de Guru, n’est pas une fable. L’initiation par un Être Réalisé marque le début d’une nouvelle vie. C’est une joie parce qu’on laisse son vieux soi derrière soi. On meurt à l’ancien pour renaître au nouveau, comme disent certains mystiques célèbres d’Occident. C’est un défi aussi, parce qu’avec le vieux soi que l’on laisse, toutes ses projections aussi sont abandonnées: les amitiés s’en vont (parce qu’elles n’en étaient pas), les plaisirs d’avant s’en vont (parce qu’ils n’en étaient pas), les croyances rassurantes sont détruites (parce qu’elles ne l’étaient, rassurantes). Tout ce qui est inauthentique vous quitte. Tout ce qui est faux s’en va.

En intimité avec Guru-Shakti, qui devient plus que votre meilleur(e) ami(e), qui devient vos yeux, votre coeur, qui prend progressivement le contrôle de votre corps et de votre perception pour ôter les erreurs qui s’y sont logées, les remplaçant par une intelligence supramentale, enfin en intimité tant désirée avec La Divinité, on se met à arpenter le chemin de la vie dans un corps renouvelé et on adopte une posture existentielle toute nouvelle : sur le fil ténu du réel physique qui se désagrège peu à peu sous nos pieds, on apprend à danser avec Lui. Depuis les profondeurs de notre intérieur, Guru-Shakti guide notre danse de funambule, la rythme de sa propre musique, de son pas divinement cadencé. Des profondeurs, Il domine. On est inconfortable, et vulnérable, comme un enfant apprenant à marcher.

Mais on est aussi dans une forme de joie, parfois extatique et parfois paisible, comme lorsqu’on a perdu l’usage de ses jambes pour un temps et qu’on réapprend à marcher à force de pugnacité. Ou comme l’enfant à quatre pattes, rasant les murs pour ne pas tomber que nous avons jadis été. Insistant. Poursuivant sa marche-maladresse parce qu’il sait, l’enfant. Parce qu’instinctivement, il sent. Il sent qu’à force de suivre les pas trop grands de Papa et Maman, le temps vient, où enfin seul, confiant, imperturbable, il se tiendra droit et marchera.

Namo Nama Sri Guru Padukabhyam.

Prenez soin de vous en Lui,
Et bonne marche en Terre d’Éveil.

 

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 6840affb8ec1bc527577a8c541852aae Les articles du Sanctuayre sont soumis à droits d’auteur. Alors, avant de nous citer, contactez-nous . Et si vous souhaitez échanger, partager vos réflexions, n’hésitez pas à commenter directement les articles !


 

La colère : une urgence spirituelle.

Comme beaucoup d’entre nous, mon processus d’éveil spirituel a commencé avec un puissant appel au Départ. Je suis partie d’une famille, puis d’une ville, d’un pays, d’un continent. Cet aspect de l’entrée en terre d’éveil est le plus difficile parce qu’en plus de vous dépayser totalement, il vous rend dans un premier temps, totalement étranger à ce que vous avez toujours cru connaître : vous-même.

Dans le confort de ses propres repères, dans ses propres murs, il est facile de laisser parfois l’inconnu nous rendre visite. Son étrangeté est exotique, elle nous stimule. Ou nous rebute. Bref, elle nous laisse toujours un choix : l’accueillir momentanément ou l’éviter pour de bon.

Mais lorsque l’éveil commence à s’éveiller en soi, pour certains d’entre nous, il semble que ces possibilités d’accueil ou d’évitement de l’inconnu disparaissent purement et simplement de notre champ de vision. L’étrangeté que nous sommes devenus à nous-même est là, l’illusion de notre identité factice, maya, est là aussi et nous n’avons pas d’autre choix que celui-ci : la reconnaître. Et c’est là où le bas blesse. Parce que l’ego n’aime pas re-connaître puisqu’il est la part de notre identité terrestre qui accumule des informations, les analyse, les passe au crible de la raison et les range dans notre cerveau (et ailleurs) sous la catégorie : intelligence. L’ego n’aime pas ça, réapprendre, redécouvrir et s’abandonner à l’inconnu bienveillant de l’éveil (j’y reviendrai). Donc il secrète de la colère avec des phénomènes ambiants.

La colère me rend visite depuis que je chemine en Terre de Yogi, d’une façon for surprenante. Avant de trouver le chemin spirituel adapté à mon Karma, je ne la ressentais que très peu. J’étais souvent en proie à la tristesse, au sentiment de manque, mais rarement à la colère. Et petit à petit, la tristesse a disparu, le sentiment de manque a pris doucement la poudre d’escampette, mais la colère apparait, tonitruante parfois. Elle éclate au moment où je m’y attends le moins. Je me sens étrangère à moi-même juste après, mais consciente d’avoir fabriqué quelque chose de moche qui m’échappe.

Nous avons tous une histoire de lien avec la colère et c’est normal : cette émotion-là est loin d’être une émotion comme les autres parce qu’elle continue de nous attacher à la regression spirituelle bien après qu’elle [la colère] se soit manifestée. Sa puissance karmique – c’est-à-dire la réaction en chaîne de causes et d’effets qu’elle déclenche – est donc indéniable et lorsqu’on choisit de cheminer vers Moksha comme certains d’entre nous, il faut absolument s’en occuper. Pas en déviant sa colère dans des antidépresseurs ou dans le divertissement actif ou la parole thérapeutique ou sociale, mais en la faisant dévier pour de bon. Et il n’y a que le Divin qui peut s’en charger pour nous. Encore faut-il savoir comment faire!

Et justement, Comment le Lui Demander? Comment faire pour se débarrasser de la colère pour toujours ?

Lire encore et toujours cette pensée de Guru Siyag éclaire sur les rouages de la colère et pacifie en même temps. Simplement, nous comprenons pourquoi, comment la méditation dissout la colère pour de bon.

Je vous laisse découvrir la précision et la clarté des mots de Gurudev sur la colère, en espérant qu’ils vous éclaireront et vous pacifieront aussi.

Om Gurave Namaha.

Posted by Guru Siyag Yoga – Français on Thursday, March 15, 2018

 

The Old, dark obsolete of 2017, a reflection on jealousy and The Greatness of Saturn.

We, human beings have a tendency to complain about darkness, to run away from it. Look at our dictionaries for instance. Apart from being « that which is devoid of light », dark also means « arising from or showing evil traits or desires » in the Merriam-Webster Dictionary. Same song in our good old French Larousse, where « sombre » (dark) is associated with dullness (« l’obscurité ») and evil (« le mal »). Our religious mythologies and cultures also convey this malicious dimension to darkness, which I began to question when I decided to become a philosopher.

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I wanted to solve the mystery of Oneness behind duality. I wanted to prove duality wrong and Oneness right. I wanted Light to win over Dark. So I kept reading, and studying and thinking, amazed by the depths of the human mind and appalled at its ability to create facts out of stubborn ignorance. A fact is a strange entity of knowledge. It is an information that stems from something that was once a whole, now used only for itself because it suits us better. It is the embodiment of this duality that used to wear me out. 2017 is ending and I am pleased with it. It was a year of seclusion, immense creativity as always, hard-work, intense questioning. Still, a year that is leaving me with a fact that I cannot ignore: I have changed.

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Meditators and psyche-nauts sometimes forget to pause to assess their evolution and celebrate their victories over darkness because they  are too busy reaching out for IT. But there is no IT outside of us, WE ARE IT  and our progresses on the spiritual, material, relational, psychological planes (all related, all spiritual by the way) deserve that we throw them a party.

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For most of us, 2017  has been a time of isolation comparable to what a yogi does when he removes himself from the ambiant noise of this suffering world to meditate in a cave. For me, 2017 was exacly like that too. During this dull year, I went deep down within, being almost invisible to people and yet experiencing life power-fully: I got angry, I learned vedic astrology, I got lonely, I translated beautiful pieces of american poetry unknown to french-speaking people and weird pop songs, I meditated more than 4 hours a day to ease residual existential pain and meet the Marvelous He-who-Shall-Not-be-Defined, I met a shiksha guru who gave me a lot of knowledge, as expected, and a lot of confusion that was not expected. I experienced unconditional love and a winter walk in powdery snow under -22 celsius deg. I discovered fascinating shape-shifting yantra-s, I realized my guru needed to find himself a guru as well, I began to learn this poetic-holistic language called Sanskrit, I lost interest in academic philosophy, I quieted my reckless mind, I ended a poetry book of my own, I became vegan and stopped wine and rhum, I began writing something that looks like a novel, I welcomed my kids in America for the first time knowing that this wasn’t the last time, I saw what evil can do when it is ignored and so I drank wine again, then I received diksha in a very modern way from a very Pure Soul who happened to have left his body, then my boyfriend proposed me, then we spend delicious and rainy holidays in Europe. What a year !

How was yours, by the way Dear Reader ?

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Inspiring caves in the heart of Paris, near Le Grand Palais, early January 2018

 

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While I was busy doing all these things, I reconnected with some old friends, excited to be back in the friendship business, excited to share memories of our me-s, old me-s that weren’t there anymore…

In one of his famous San Francisco lectures on the Buddhist path and Self Discovery, Alan Watts assumes that we cannot become more sensitive to pleasure without becoming more sensitive to pain. Beautifully put. Being a psyche-naut and choosing to make one’s life a spiritual exercise makes you more sensitive to pleasure, indeed. The pleasure to « Know Thyself ». It also makes you more sensitive to what is genuine, it raises your emotional and intellectual awareness.

In other words, walking the spiritual path gently creates a sophisticated, efficient and highly reactive authenticity radar within you. And once you come to experience something that is less than clarity, your radar immediately turns on and you feel off.

Reconnecting with the Old thinking it will turn New because you have changed does precisely that. It pushes your buttons, it clouds your sensitivity to life and sensitivity to life is probably the highest form of intelligence and what yogi wants to be deprived from that?

Relationship toxicity is a big issue nowadays. We have friends. All kinds of them. Friends from work, friends from bars, friends from the neighborhood. And we more than often end up being hurt by those friends which causes us to resent them for the things we think they did to us and sometimes we hurt them back. Until we come to realize that it is highly probable that something within us is a perfect match to relationship toxicity. That something can be a lack of courage or simple ignorance of our true vibrant selves. So being trapped in the entanglements of the narrative ego, we feel insecure within and try to fill in from without.

These states of being bring about the worst of relationships and one day, you end up on the couch of an analyst. It happened to me. Yet, that analysis is the best thing that ever happened to me because it triggered my quest for knowledge about the Self and changed me deep down within, for the better.

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I discovered the amazing work of Viktor Frankl a few years ago and something in this ending year brought me back to it. The excerpt from his book Man’ s Search for Meaning in which Dr. Frankl explains that most human beings are not ready to live by high standards stroke me. Seeing the way of our world right now, I have to admit that this assumption is painfully true.

Fear of beginning the work of knowing oneself might be a reason for this existence of stagnation. Most human beings fear the pain that can come with Self Discovery and inhibit themselves in all kinds of logical arguments, hurtfulness towards one another,  neglectfulness of their own lives or even in the practice of surface spirituality. Searching the Self hurts because the Self has nothing to do with the personality and that species of ours seems to cling obsessively to personification, however destructive.

Yet the reward that comes when you transcend your personal story more and more each day is an exquisite nectar and once you have tasted it, you already know to much, you cannot go back. So going back to old ways and old relationships simply becomes impossible. Still, there is a way in which reconnecting temporary with the Old serves us: being more sensitive to disharmony empowers us to address it quickly, which proves our awareness has really been sharpened in the process. Now isn’t that great? This year, I have decided to address a form of in-authenticity that we are all accustomed too, which makes it even more harmful and insidious: jealousy.

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In African and Hindu mythology, jealousy is considered an area of black magic or sorcery. It is sometimes called evil-eye, probably because of the way jealous people look at you sideways. That look can be very subtle but the malignant intent behind it is immediately felt by us, body, mind and soul, even though we tend to ignore it. In Congo, each time someone witnesses jealousy or feel he is experiencing it, we use the word « ndoki ». « Ndoki » literally means « sorcerer », « sorcier » in French.

Kindoki or sorcery is often seen in relatives or close ones who will hurt you directly or indirectly each time they crave to possess something that is yours. Often, they wish you ill for it, seem incapable of rejoicing when something good happens to you and will even enjoy something bad happening to you while staying close to you. That which they want from you can be an object, any material possession including money, but also a mindset, your happiness, your cheerfulness, your brightness, your resilience. The sorcerer aspect of that kind of jealousy appears slowly here isn’t it?

A long time ago, I found myself surrounded by people who adopted that ambiguous behavior towards me and realizing that has been quite a shock. Jealousy is dreadful, not because people envy something you possess. Whatever you possess you can still give it to them.

Jealousy is dreadful because in its most subtle and destructive form, people don’t envy what you have. They envy who you are and yes: they want to possess just that. So what jealous people actually want is to deprive you from yourself.

An interpreter of Vedic texts and a phenomenologist once told me that in Vedic philosophy, jealousy  is a karmic impression stored by the soul, waiting to manifest in life experience. My question to all of us is: what is the purpose of tolerating ambiguous behaviors that will surely hurt our peace?

In the luminous Finding and exploring your spiritual path, Ram Dass tells a great story about Gandhi. While he was walking with a huge crowd to protest, he felt that this demonstration was not going anywhere so he told his assistants that he would stop and go home. In a state of shock, they replied:

– « Mahatma Ji, you cannot do this to all these people who have left everything to follow you today! »

Gandhi replied back:

– « I am human and as a human, I only know relative truth. God is the one who knows absolute truth and my commitment is to Truth, not to consistency ».

A jealous friend is a paradox and a very wise friend told me that paradoxes only come to masters to help them exercise their power. So in this new year full of promise, let’s choose to be grateful for the many opportunities to evolve, thankful for the gift of clarity that we are receiving from the Universe when our radar points residual in-authenticity around us (or within) so that we can clean it and lovingly move on.

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I’ll end this written meditation with a book that I absolutely recommend to everyone: The Greatness of Saturn, by Robert Svoboda. Robert Svoboda, an Ayurvedic doctor, an inspired metaphysician and a great storyteller, introduces us to the fascinating concept of mytho-therapy, the hidden healing power of stories, and encourages us to dwell in them, to meditate on them and to pass them on secretly to initiates who seek their liberating nectar. The Greatness of Saturn shows how Shani enters everyone, even the Gods, and causes them to leave what they thought was home and how « they come back » transformed, radiant, vibrant with Life, Love and the necessary Intelligence to identify illusions.

I think 2017 was a Saturnian year in many aspects. A time of thick shadow, a time where limitations were brought to their climax only to help us let go of what is not Authentic.

On this New Year of 2018, let us celebrate our ability to dissolve paradoxes mindfully, boldly and let us revel in our renewed Sensitivity to Life, let us sing silently or out loud the songs of the victories to come !

Happy Evolving to All,
And a Happy New Year, full of Success on all planes.

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Tell us about your Old obsolete and about the inauthentic issues you have decided to address this year ! Do not hesitate to leave a comment or send us an email. And here are a few goodreads on authenticity, as a suggestion.

 

MAIS QUI EST LE GURU ?

Un éveillé s’éveillant croisera toujours un guru quelque part. Un seul, deux, ou mille, qu’ils viennent de notre mère spirituelle indienne, de l’orient ou de l’occident. Un guru naît en renonçant au monde, un guru est reclus dans une cave himalayenne jusqu’à ce qu’il finisse par renoncer aussi à son retrait hors du monde, à sa solitude amoureuse d’avec le Divin. Pourquoi ? Probablement parce que l’amour de Divin Le Grand Tout  déborde, submerge, emplit tant et si bien qu’on a pas d’autres choix: il faut le redistribuer pour pouvoir le contenir ou en emmagasiner toujours plus. Parce que Dieu est tout cela, contraction-expansion, dépression-expression, repli sur le dedans nous charmant et magnificence d’une sortie frénétique au dehors. Ça, c’était pour l’instant poétique, qui n’est jamais bien loin lorsqu’on médite sur le Divin. Mais revenons à nos moutons, expression choisie à dessein, devant la tendance que nous avons, nous les Humains, à suivre tout et ce qui brille, et ce qui brille moins, et ce qui se contente de dire qu’il brille sans jamais émettre le moindre rayon de soleil …

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d178ad07320e926b5a1e0ef6cfa8ccef vient des mots sanskrits Gu et Ru signifiant respectivement obscurité, ignorance et ôter. Le guru est donc littéralement celui qui ôte l’ignorance, l’obscurité. Guru revêt une signification encore plus puissante dans les Veda, puisqu’il est Jupiter, la planète régissant la Connaissance Ultime, l’astre de toutes les abstractions et le Régent de ce glorieux jour de Jeudi que nous sommes aujourd’hui !

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Guru ou Jupiter, planète karmique bienveillante par excellence dans l’Hindouisme

Et lorsqu’on n’en peut plus de s’éveiller seul(e) ou en livres interminables et merveilleux nous expliquant interminablement qui est Ce Dieu interminable qui nous attire à lui et que nous sommes, on a besoin d’un guru et l’univers pourvoira parfaitement à ce besoin.  Nous rencontrerons des gurus auteurs de livres, des gurus psychologues, des  gurus conférenciers, des gurus guérisseurs, des gurus délivreurs de mantras, des gurus philosophant la conscience et l’univers et les anges et les dieux. Tous auront un point commun. Ils feront en nous ce que le livre et notre méninge infiniment pensante semblent ne plus savoir faire: ils nous diront comment vivre notre vie d’éveillé(e) s’éveillant. Pas comment exister, mais comment vivre. Comment travailler en étant éveillé, comment se soigner en étant éveillé, comment manger en étant éveillé, comment dormir en étant éveillé, comment faire du sport en étant éveillé, comment faire l’amour en étant éveillé, comment gagner de l’argent en étant éveillé, comment se faire des amis, des amours, des emmerdes, le tout en étant éveillé. Et en ceci, le guru est vraiment celui qui va ôter l’ignorance.

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Mais comment est-ce possible, vous dites-vous quasi indignés? C’est possible parce que l’éveil nous transforme en quelque chose que nous ne connaissons pas encore. Il nous change de fond en comble. Tant et si bien que le monde dans lequel nous nous projetons change aussi, et notre capacité à lui répondre, notre être-au-monde si familier jadis devient autre. Redevenant autre, plus grand que nos parcours personnels, plus grands que nos corps et plus hybrides encore dans la fusion d’avec un Dieu méconnu, nous redevenons ignorants, comme un enfant naissant et découvrant le monde pour la première fois.

Cet obscur que nous sommes devenus à nous mêmes à cause de l’éveil, le guru le connait bien et sa raison d’être est effectivement de l’ôter afin que nous puissions croître avec confiance dans l’éveil.

Comme un parent sait déjà au moment où il lui donne le biberon que son petit nourrisson marchera, passera le bac et se mariera, le guru nous donnera avec le même amour et la même confiance, le lait d’une connaissance et d’une énergie nouvelles afin que le Dieu en devenir que nous sommes continue de croître, de grandir et prenne finalement son envol.

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Mais voilà ! L’Homme a trop aimé l’ignorance de l’oubli, celle d’avant l’éveil, celle dans laquelle on a des chefs et des propriétaires de soi, celle dans laquelle on loue sa précieuse expérience d’être à un groupe religieux ou une corporation socio-politico-commerciale quelconque pour n’avoir pas à assumer sa propre liberté d’être. Alors dans cette phase très délicate de l’éveil où l’éveillant découvre qu’il doit se confronter encore à une nouvelle ignorance, le guru peut succomber à une bonne vieille pulsion reptilienne. Une pulsion forte, une volonté sub- ou inconsciente d’assujettir l’éveillant, de le tenir en son pouvoir, de lui rappeler que lui, le guru est investi du pouvoir d’ôter l’ignorance de l’éveillant.

Et l’éveillant peut à son tour être tenté par une pulsion reptilienne du même ordre, qui consiste à se rappeler combien il est confortable de se laisser guider par le chef, par l’ordre du chef, par l’organisation du chef, par les réglementations de l’organisation du chef etc. Et c’est à ce moment-là, précisément à ce moment-là, que la confusion enveloppera l’éveillant. C’est à ce moment-là que le bel éveil vous portant dans un élan si harmonieux jusque là vous ralentira.

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C’est aussi simple, aussi puissant et aussi finissant que ça. Nul besoin de s’enfermer dans la tête de son guru advitam eternam pour éveiller Divin Le Grand Tout en Soi. Nul besoin de s’enfermer dans son ashram toute sa vie et de se couper de l’expérience de vivre que Divin Le Grand Tout veut avoir à travers nos propres expériences. D’autant plus que Dieu n’aime pas être enfermé. Il se sait libre, probablement grâce à la liberté dont nous avons le courage de faire preuve dans nos vies humaines. Il nous voit oublieux un temps de notre nature et s’émerveille de voir comment l’illusion qu’il créé de l’absence de lui-même est merveilleuse. Puis il se tient en nous, lumineux, confiant, dans l’espérance de notre retour.

J’ai eu plusieurs gurus. Je continue d’en avoir plusieurs. Seth, Jane Roberts et Abraham sont mes guru-psychologues. Bashar est mon guru-philosophe et en cela, il est le plus Jupitérien de tous. Wayne Dyer est mon métaguru…indéfinissable et grand par son amour, toujours présent, toujours juste, dans les petits comme dans les grands aspects de ma vie. Eckhart Tolle est mon guru-Bouddha, celui qui connaît les replis de l’ego maladif comme personne et appelle efficacement à le faire mourir paisiblement. Et comme tous les éveillés s’éveillant, j’ai un guru-mantra maintenant. Il est le guru efficace, celui qui rend au Dieu Impersonnel ses robes de chair personnelles et chatoyantes. Il est probablement le dernier guru de ma vie d’éveillée parce qu’il m’ouvre la voie vers un Guru plus grand encore que tous les gurus que je viens de citer, lui y compris.

Dans sa soif d’éveiller l’humanité et de mettre un terme à la souffrance, le guru se perd parfois. Il dit une chose, puis une autre. Tel méthode est la méta-méthode, tel mantra est le méta-mantra…jusqu’à demain où une autre méthode, un autre mantra le deviendra. Le guru nous brouille le troisième œil parfois, alors qu’il est censé nous aider à l’ouvrir. On lui en veut mais on n’ose pas le dire. On a peur de se tromper. Et après tout, ne sait-il pas mieux que nous ce dont nous avons besoin pour faire grandir notre âme, ce guru-parent ?

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Le guru aux multiples visages peut plonger dans une grande perplexité, un peu comme un papa (ou une maman) vous donnant la becquée. Un jour, il vous donne des carottes, le jour suivant, de la viande, parce que c’est bon pour votre santé dit-il et pour vous faire apprécier la diversité. Et imaginez qu’un autre jour enfin, au nom de cette même diversité, il vous refile carrément au voisin ! Pour finir par une autre étymologie essentielle, ce Gu, on le retrouve aussi dans le mot sanskrit Gunaatheetha , signifiant celui qui transcende les 3 Gunas, ces trois stades d’évolution de l’âme que décrit le chapitre 14 de La Baghavad Gita (à laquelle je consacrerai bientôt de nombreux articles). Les 3 gunas sont facilement reconnaissables, même s’ils sont difficiles à décrire dans leur essence et leurs manifestations infinies:

70634ea8986bb35a2ba6656a1d104969  la bonté, l’harmonie, la clarté

107b7a2cb0c801a3b31abc3afdbd0038  l’énergie, la passion, qu’elle soit destructrice ou créatrice

580aa47db834a50fc18d64614af07dd1 l’inertie, l’obscurité, l’ignorance et même la régression.

Ces trois forces régissent le royaume du prakriti, celui de l’esprit et de la matière, c’est-à-dire le nôtre. Nous les portons toutes en nous, que nous soyons éveillés s’éveillant, oublieux appelés à l’éveil ou… guru. Ces trois forces nous fabriquent littéralement, nous constituent et c’est en elles, avec elles ou contre elles que nous évoluons. Elles sont le support de notre karma, de nos pensées-actions dans ce monde.

Ainsi, on peut parier que le Guru Jupitérien est sattvique. Il est en émanation, la clarté, la beauté complexe et harmonieuse du Divin. D’ailleurs, la planète Jupiter, Guru, en sanskrit, est la planète bénéfique par excellence des Navgraha, les 9 planètes karmiques en astrologie védique.

On peut également parier que le Guru humain est aussi une âme évoluant entre ces 3 forces, plus sattvique que rajasique ou tamasique, mais encore en proie à une certaine versatilité comme l’humain qu’il est toujours…

 

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On retrouve aussi le préfixe Ru dans Rupavarjitha, concept  fondateur dans la pensée de Sai Sri Baba, Rupavarjitha étant ce qui transcende toute forme et tout attribut.

On peut alors faire le pari que le Guru ultime est sans forme, qu’il est Dieu lui-même et que ce Dieu-là est de plus en plus localisable au fil de l’éveil qui passe. Toutes les paroles d’éveillés terrestres ou d’ailleurs l’ont dit avant nous et Le Christ n’a pas saccagé un Temple  transformé en marché pour rien: son guru humain de l’époque était comme le nôtre apparemment, un homme d’affaires éclairé, habile, cherchant à prospérer, se trouvant au sommet d’une hiérarchie où tout le monde suit ses préceptes à la lettre et le vénère. Celui qu’on a nommé le Messie (par suivisme encore, j’imagine) a même dû disparaître un temps pour aller dans sa propre grotte à la recherche du Guru de l’Intérieur, le vrai, l’unique, le supra-sattvique: Le Père.

Si vous passez en ce moment-même par la case guru, sachez qu’il s’agit d’une simple case. Une case importante, un passage – probablement obligé pour la cohérence de votre parcours karmique- pour lever l’obscurité de votre nouvelle naissance. Sachez le reconnaître avec émerveillement et avec une humilité pleine de fraîcheur, sachez apprendre d’une âme qui se sait multiplement incarnée et vous transmettra le secret de ce que vous allez devenir.

Au lieu de conspuer le guru que l’univers vous a envoyé (qui est comme toute chose, le reflet de votre intériorité), remerciez-le silencieusement pour le don simultané de clarté et d’obscurité qu’il vous a fait, vous permettant ainsi de renforcer votre capacité de discernement. N’oubliez pas que Le Guru n’est pas une personne, mais bien un état par lequel toute forme est transcendée.  Et avant de  »partir », appréciez la puissance de cet autre paradoxe: sans les penchants tamasiques ou rajasiques plus ou moins maîtrisés de ce guru-incarné, vous ne seriez pas entrain de devenir aussi sattvique.

Prenez donc soin de Lui en vous,
Namasté,

 

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 6840affb8ec1bc527577a8c541852aae Les articles du Sanctuayre sont soumis à droits d’auteur. Alors, avant de nous citer, contactez-nous . Et si vous souhaitez échanger, partager vos réflexions, n’hésitez pas à commenter directement les articles !

 

The elusive I am-that-I-am, a meditation on Desire, and the deliciousness of the writing experience.

The path to enlightenment is full of surprises. First time I heard about this I AM THAT I AM thing was when I was 16 in my native language, which is French. And I am 40 now. The translation of the eminently poetic verse of the bible Eyeh Asher Eyeh has always puzzled me.

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Eyeh        Asher      Eyeh

Many French translations of the Torah or Bible state Je suis Celui qui Suis. If I were to make an attempt translation of a translation to help you realize the awkwardness of that Je Suis Celui qui Suis, I would say I AM THE ONE WHO ARE (?!). This doesn’t really help to understand what it is exactly that I am, should be, or what the godhead speaking to Moishe might be. Je suis means I am and I AM itself in this divine affirmation comes from the mysterious Eyeh, an archaic Hebrew form of the verb to be ( היה – pronounce he – yeah) in Hebrew .

 

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The combination Asher Eyeh is a tug of war for every translator of the western world because the archaic it uses a very uncommon, mysterious and awe-some tense: the Imperfective. Imperfective is tense, or should I say tightness of the unaccomplished state. Imperfecting means being constantly, being still in a state of becoming. How is that even possible, have I asked some priest or Guru when I was young at heart to be God and still be in a state of becoming? I’ve always thought (at least when I was in a position of actually conceptualizing about it) that God is all-compassing, completely complete, perfectly perfect, finished, finito. Then the embarrassment of the teacher teaching something we all have to learn came. Then the silence. Then the stillness of a life waiting to discover its origin and its deservedness arose. And then out of the stillness of a mind peopled with disembodied streams of consciousness(es) and Sanskrit mantras, the answer slowly came.

 

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In fact, that which we call God is perhaps that which in us keeps becoming. The desire that changes after a while in order to turn into something more than what it has previously been; the unique idea that births thoughts of all kinds, all good and bad, negative and positive, subtle and gross, always unique, always unending. Je Suis Celui qui Suis doesn’t make any sense grammatically and is a very lazy-lousy translation that sorely misses poetry. But as weird as this French affirmation might sound, it does succeed in one thing: stimulating inquiry and meditation. That is how it finally makes sense.  Churning this odd phrase ends in an impossible attempt to find words that would help describe precisely the being of an expanding desire while it unfolds.

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Desire is. It bes. That bes. Now some other French translations of the bible say: Je Suis Celui que je Serai meaning I am that which I will be. Interesting, openly philosophical, very flattering for the analytical mind, but not as soundly poetic and mysterious as Eyeh Asher Eyeh. Funnily enough, some languages fail to translate powerfully what others express with simple grace. I have to acknowledge the defeat of my beautiful Molière’s native language here and salute Shakespeare’s victory instead. I AM THAT I AM does render some of the tightness of the unaccomplished state. The sound of it sings like an ancient Sanskrit mantra made for your lips’ delight. It even has the same ability to zap your mind into it and to create a compelling mise en abyme, making us dizzy with the persistent permanence of that infinite I that is infinitely busy being (in) all of us, without any object, without any need to define itself, it seems. I need to be Atalante Lemuria to be. You, Dear Reader, need to be the reader who reads this article, or a man or a woman, a scientist, an astrologer, an artist etc. We need to be some-thing, we have to be some-one. Well, that Being talking to Moses doesn’t need any of  that to be…

This brings about a reflection on Desire in our western culture and how it came to be marginalized as a gross bodily function destined to vanish with consumption only. We consume desire and desire consumes us in return. How sad, how sadistic…How limiting, isn’t it? What we call desire is either a vague emotional state that drives us wild or a philosophical concept we keep reasoning about without being able to own it properly and positively. We suffer from our desires and the reason behind it is bluntly simple. We keep desiring what is there, what our senses, or the senses of others can measure for us and seem unable to desire anything beyond. Instead of loving the potential which is always endless, we desire the accomplishment, which is always finite. And once we are done consuming what is there, we are left with the same existential question because paradoxically, our mortal lives keep conjuring immortal desire: Now what?

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Eyeh Asher Eyeh is transcendental beingness speaking: it desires and becomes and then desires to become again again, birthing endless expression of itself with this ever-expanding appetite. Funnily enough, this being seems to perform that through human bodies (or bushes, set on fire by its overwhelming presence). I heard a great story about the Hindu Archetype Ganesha one day.

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was just a child. His parents, God Shiva and Goddess Parvati were invited to a party in Kubera’s palace, Kubera being the opulent Banker of Heaven. Ganesha, known for his very round belly and his sweet tooth was hungry and Shiva kindly asked Kubera to feed his son while he was visiting the golden palace with his wife Parvati. Kubera bragged about his kitchen and cooks, all talented, all abundant and able to outrun the hunger of tiny little then-Ganesha and took the elephant kid to the palace’s kitchen.

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Ganesha sat there and ate and ate. And ate again. And ate more, until there was nothing left. Kubera looked at the elephant kid with a bit of disgust, dismay and superiority and declared:

– You ate all the food of the palace. Neither my servants nor I or the royal family will be able to eat after you visited our kitchens! Why did you do it for Heaven’s sake, you idiot?

Very calmly but firmly, elephant-kid Ganesha responded:

– I AM HUNGER. And I might as well eat you to keep me satisfied if you insist.

The Banker in Heaven, feeling very vulnerable now, apologized to Ganesha and left.

 

I absolutely love that story. It has many versions but in all of them, Kubera is always left with the same emotional posture: FEAR and HUMILITY. FEAR of Ganesha’s evolving Desire, even if the very thing that Kubera fears remains an impossibility (or an illusion) because he who is the banker of Heaven cannot lack. And HUMILITY in front Ganesha’s infinite Desire, which confronts the vainness of the riches Kubera so pompously brags about.

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I, the Writer, see priceless insight in this myth of Loving Ganesha, divine archetype of the universal God and…writer of the gorgeous and complex Mahabharata through many hindu sages who were channeling Him! Ganesha definitely knows about the writing experience and I am willing to trust what he has to say on the subject.

Sometimes, I have this huge hunger (I don’t know about the writer’s block, which is a wonderful blessing. It amazes me and also confirms that creativity is a gift from Source and what Source gives, no one, no adverse circumstances can take back apparently).

So I own a desire.

A desire that eats me up to write all the stories, all the books that I am inspired to write at once.  And my soul says « Great, let’s do it. » While the perception that I have of time and ubiquity says « How on Earth are you going to do that? ». I feel the writer’s Hunger. I experience Ganesha’s hunger and Kubera’s fear and vulnerability at the same time. A complex emotion, an old friend of the inspired artist that precisely connects me to the very simple, yet powerful act of Creation.

 

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Being a writer is being ready to channel love under any writable form.
Being a writer is simple readiness.

It all flows when we are ready. All the projects, almost at once: the poetry, the short story, the philosophy, the tale of enlightenment, the novel, the article, all of it. And on very rare occasions, exhaustion arises within the writer but it is luxurious, delicious. So the writer rests deliciously since the writer knows that being the receiver of so many beautiful ideas is divine wealth experienced. Sometimes, confusion or panic arises too and threatens to ruin the writer’s writing yoga for a few minutes. Just like when Ganesha threatened to finish all the wealth in heaven with his insatiable hunger. Mischievous Ganesha helps the writer think, cool down and smile. For no matter how hard you try, you will never be able to eat yourself up until there is nothing left of you. This myth conjures the feeling of exhilaration within the writer. Pleasure-memory is activated and momentum of joy and peace happens for the writer knows the writer is a vessel. Just a vessel for divine expression, not the actual writer who has to perform to maintain her identity of writer otherwise she won’t eat or he will die. There, Humility and Wealth consciousness paradoxically coexist.

Writing is what I AM. And I AM that I AM, that I AM not allowing myself to be, each time I worry about the unquenchable thirst of the Divine within me. Because I AM is precisely that, unquenchable thirst. Unquenchable thirst that sustains life and through which life flourishes in all its diversity and beauty. My I doesn’t write. Or let’s say that it thinks it does while maya does, the Sanskrit illusory state of human experience. Maya is but a mere magic trick. The Magician walks on stage and makes a pen appear in your pocket and you think the pen is yours. My I doesn’t write because my I is a magic trick that The One is performing to entertain Oneself, me included: observing myself in the act of creation or being suddenly possessed by a strange and exquisite rhyming idea is always a lot of fun and forces admiration. My I doesn’t write. I AM does and it is pure bliss to realize that. Long story short, as all the Great Seers and Sages of our planet keep saying:  There’s only one of us here.

So, all the Writers out there, keep writing. Writing is unconditional inquiry, unconditional persistence. Unconditional persistence is unconditional power. Unconditional power is Source experienced. Source experienced is unconditional love, and unconditional love is who we really are.

Namaste,

 

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6840affb8ec1bc527577a8c541852aaeLe Sanctuayre is copyrighted material but we are really happy to share our thoughts, readings and mystique as a loving contribution to the global awakening of Humanity. So if you want to quote us, Dear Reader, just ask !

Chanter le Mantra: chronique d’une méditation exquise (et efficace).

Je suis venue à la pratique méditative par la Méditation Transcendantale, après deux ans de méditations-bohème pratiquées à la vas-y-comme-je-te-pousse par certains auteurs New Age américains ou par des professeurs de yoga bien intentionnés mais visiblement inefficaces dans la transmission de l’expérience méditative paisible et joyeuse.

Les pensées en mots du quotidien familier: une cacophonie constante empêchant d’entendre quoique ce soit en Soi.

« Fermer les yeux et écouter votre enfant intérieur, il vous parle » entend-on parfois (je l’ai moi-même dit dans ma pratique de Conteuse), ou bien « laissez passer vos pensées » ou le très énigmatique « Feel the God within ». Oui, énigmatique. Parce qu’écouter le Dieu en soi quand notre esprit est rompu à fonctionner en roue libre sur un mode bien souvent intranquille n’est pas chose aisée. Mais l’intention est puissante objecterez-vous, paraphrasant à juste titre, l’ouvrage nécessaire de Wayne W. Dyer. Oui, répondrai-je, l’intention est puissante, c’est vrai. L’intention de votre professeur de yoga, de votre prêtre, de votre guru, de vos ennemis et même la vôtre. Mais vos pensées sont si familières quand ce Dieu est si inconnu, ce contact si improbable. L’humain aime le familier et c’est tout naturellement, qu’en face de l’in-su, il ira s’y réfugier.

Par ailleurs, l’intention d’avant l’éveil n’est pas l’intention du méditant éveillé. Elle est une sorte de posture d’esprit motivée, un moment où la psyché se fige pour obtenir un résultat et la recherche constante de ce résultat ralentira précisément la progression des méditants débutant et empêchera la rencontre de cette Source que l’on dit si mystérieusement « intérieure »… Les attentes des apprenti-méditants sont légion: répit,  fin des stress, guérison physique, mentale et émotionnelle etc. Les plus audacieux guetteront le sentiment océanique ou une joie éternelle devant se manifester en 20 minutes-chrono avant qu’ils ne passent à table ou qu’ils aillent au bureau.

Je me moque c’est vrai. Mais j’ai fait partie de ceux-là.

Utiliser le mantra, ou cesser d’utiliser les mots du quotidien familier et profane pour vivre l’expérience du Sacré.

À force de me visualiser dans le ciel ou sur une étoile sans pouvoir maintenir le bénéfice de cette émotion durablement en la transformant en état d’être, à force de me voir recouverte de lumière jusqu’à ce qu’une pensée déplaisante du réel ne vienne m’arracher à cette félicité que je savais de toutes façons feinte, je me suis dit que le verre était dans la pomme et que mon cerveau ne me ficherait jamais la paix si je lui donnais des pensées profanes pour expérimenter le Sacré. On ne mange pas sa soupe avec une fourchette. Les mots « dieu intérieur » appellent toutes sortes de dieux et toutes sortes d’intérieurs emplis des fadeurs du quotidien et exempts de beauté spirituelle: à l’intérieur, il peut y avoir un voleur, l’intérieur ce peut-être ma maison ou un ministère. Et « dieu »? oh lala! Ce mot n’est plus ce qu’il était, il suffit de consulter l’actualité d’ici ou d’ailleurs pour que toutes sortes de laideurs y soient associées.

Penser le mantra pour apaiser le mental et expérimenter la conscience vide.

Donc pour mettre un terme à ma méninge vagabondante, j’ai décidé de pratiquer la MT. J’y ai été initiée par deux professeurs de méditation ayant vécu avec Le Maharishi dans les années 70 et je les remercie encore pour cette expérience humaine savoureuse. Donner un mantra à penser au cerveau est d’une efficacité redoutable. La conscience se vide complètement et avec elle le corps aussi. On n’est plus là tout en étant là quand même. C’est une expérience enchanteresse, également à l’origine de la frustration de tout méditant pratiquant la MT, devenant obsédé par l’expérience de cet état-d’être-complètement-vidé-de-tout-mais-pas-de-Soi et cherchant à la revivre à tout prix. Vous pourrez lire l’article « Chronique Transcendantale d’une Méditante » le mois prochain mais en attendant, je confirme: oui, tout ce qu’on dit sur la MT est vrai et décemment, je ne peux que vous la recommander. Ma créativité a été quintuplée (centuplée serait plus exact),  ma vie mentale a été considérablement apaisée, ma vie matérielle a pris un tour intensément inattendu (et plutôt heureux), sans parler des bonds de géants dans ma vie spirituelle, grâce auxquels j’ai pu connaître les joies de la manifestation consciente.

Chanter le mantra pour ressentir Divin-Le-Grand-Tout et être subjuguée par Lui.

Toutefois, l’Éveil ne finit pas de s’éveiller en nous une fois qu’il a commencé, il m’a fallu le nourrir d’une plus grande nourriture. En effet, l’âme, privée de sa nature véritable et de sa Source depuis trop longtemps, a faim d’une faim inextinguible. Ainsi, de fil en aiguille, de livres en livres, de prières en prières, d’expériences sacrées en expériences sacrées, c’est encore à la source qu’il a fallu retourner. À nouveau, j’ai recherché le pouvoir du Verbe Créant, de la parole dite alors que la MT m’a appris le pouvoir et la maîtrise des délices la parole enfouie. « We come full circle » comme on dit dans le chez-moi qui est chez moi maintenant.

J’ai entendu le mantra chanté et psalmodié pour la toute première fois à l’occasion d’un Rudrabishek, une matinée de chant rituelle dédiée à l’archétype Shiva, il y a deux ans. Je ne connaissais pas « les paroles » mais j’avais l’impression de connaître le mantra, de le connaître à un niveau intime, comme si une chose en moi était faite de ce son. Envoûtée par ce rite, j’ai voulu approfondir l’expérience du mantra psalmodié en pratiquant Soham Shivoham. Aujourd’hui, je médite des heures durant, par pur plaisir pour le ressenti procuré par le mantra, par pur plaisir d’être en contact avec Lui. Ah, cette Source, quelle séductrice!

Une pratique méditative efficace immédiatement.

Reconnaissons-le : le problème des méditations tel qu’on nous les propose, c’est qu’elles sont souvent fastidieuses et nous donnent peu de bénéfices immédiats. Dans zazen, la méditation vipassana, la méditation de pleine conscience ou les méditations new-age, il faut attendre que quelque chose finisse par se produire. Un moment imprévisible où la méninge va vraiment partir en vacances, l’instant où la posture nous contraint tant qu’elle nous oblige à être là, un jour de grande fatigue physique ou mentale,  ou une conjonction heureuse des trois. Mais lorsqu’on chante un mantra, c’est tout l’égo qui se momifie instantanément, toute la personnalité acquise se trouvant déstabilisée parce qu’un rythme étrange s’empare d’elle, des mots encore plus étranges sont scandés et le corps, le corps tout entier s’engage naturellement. Un léger balancement du corps se produit, une réaction (probablement désespérée) du cortex cherchant à reprendre le contrôle, comme dans zazen où l’on s’engage à rester immobile pendant 20 minutes ou plus et qu’au bout de 5 minutes, l’envie nous vient brusquement de nous gratter, de tousser, d’essuyer nos yeux larmoyant, de desserrer ce kimono etc. Notre cher cerveau préfrontal nous rappelle ce faisant qu’il est chef de ce corps et qu’il le fera bouger s’il le veut. Pourtant, lorsqu’on chante le mantra, ce même tour de passe-passe du cortex contrôlant entre en jeu et se fait duper, comme l’arroseur arrosé. En effet, à la minute où le corps commence à se balancer au rythme du mantra, une expérience transcendantale très forte va commencer.

Une forme d’extase.

Le corps danse sur une musique qui n’est pas une musique, fait une danse qui n’est pas vraiment une danse. Les mains se joignent. Des frissons vous parcourent le corps, puis la colonne vertébrale, le tout frétillant d’un plaisir qu’on accueille sur la tête et sur le sommet du crâne. Puis un autre rythme, un rythme plus mélodieux, s’immisce, apparaît. Comme si le mantra prenait possession de nous et voulait nous faire entendre sa propre musique. Comme s’il voulait être chanté pour nous emporter.

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Là, Dieu. Nous charmant, nous attirant en son délice comme Krishna charmant le Tout-Étant avec sa flûte.

On a quitté le corps depuis longtemps ici aussi, mais contrairement à la MT, ce n’est pas le vide qui nous accueille quand on chante le mantra, c’est une extase puissante, immédiate et délicate à la fois, qui n’est perceptible par personne d’autre que soi et par Ledit Dieu occupé à remplir tout notre être de sa tendre présence. On aime d’un amour pur le Dieu contenu dans le mantra, ses formes se dessinant dans notre voix, sa main caressant notre éther dans une geste magistrale d’Éros, on comprend -au sens premier de « prendre avec soi »- ce que les Mystiques nous disent depuis longtemps et on sourit de savoir qu’ils avaient  raison. On sourit comme en amour, comme quand on est un peu fou dans l’état amoureux et qu’on pense à l’étreinte douce de l’amant absent. On peut pleurer aussi. Pleurer des pleurs de retrouvailles. Pleurer d’une chose plus imperceptible encore que la félicité. Et ça dure. Ça dure, ça dure, c’est fou ce que ça dure. On finit par avoir les yeux plein d’éternité et le cœur aussi. Et bien évidemment, le cerveau change puisque votre vie change. Dieu entre dans votre cerveau, comme Ganesha irait se loger dans votre glande pinéale pour prendre enfin le contrôle des opérations. Comme Le Christ rentrant dans votre main pour porter votre plume à votre place. Le regard devient plus perçant aussi, la colonne vertébrale plus droite. Un jour de zazen, une moniale m’a corrigée: « Keep your back straight. God is in your spine ». « Tiens-toi droite, Dieu est dans ta colonne vertébrale ». Dos droit, estime de soi redressée comme pour toujours. Regard perçant, comme un serpent. Une montée de Kundalini en flux continu, en somme. Peut-être devient-on Shiva méditant calmement sur le mont Meru, l’espace d’un instant. Peut-être devient-on Le Shiva Méditant pour toujours.

Évidemment, être écrivain est une joie et recevoir les mots pour dire la rencontre avec Le Divin aussi. Mais en face de la force de cette expérience spirituelle, j’admets volontiers que mon Verbe Poétique aura, lui aussi, toujours faim. Pour cette raison, je dois conclure cet article, malgré tout le délice qu’il me procure. Je le conclus et vous encourage à expérimenter vous-même(s) le chant du mantra. Écouter, voir et finir par chanter cette chose en soi ne se disant pas. À l’épreuve du mantra chanté, Dieu ne restera pas un Ça indéfinissable bien longtemps dans votre conscience. On est toujours ami ou amoureux de quelqu’un. Jamais d’un principe.

Quelques exemples de mantra-sources à fredonner intérieurement ou extérieurement, amoureusement.

Les Rishis de notre temps sont nombreux à populariser les mantras et vous pouvez aisément commencer le chant du mantra en employant des « beej », c’est-à-dire des mantra d’un mot. En voici quelques-uns, que j’ai beaucoup de plaisir à chanter. Ils portent diverses énergies, produisent diverses manifestions. Oui, j’ai bien écrit « produisent ». Le mantra est l’essence même de la parole performative. Il délivre toujours ce qu’il promet. Un vieux livre d’histoires jolies nous raconte que le verbe a créé le monde. Le verbe est peut-être ce que nous avons appelé « Dieu » après tout. Et ce « Dieu » est peut-être un mantra, ou dans le mantra, qui sait?

 

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Om – Le son primordial de l’acte de création, l’état de conscience unifiée de l’Homme et de sa Source, la passerelle entre le rêve et l’état de veille. Ce mantra mériterait à lui seul, un livre entier. 

 

Screen Shot 2017-09-28 at 15.41.20Kleem – L’essence de l’amour, le lien, dans ce qu’il a de plus harmonieux    et de plus joli.

 

Screen Shot 2017-09-28 at 15.42.10Shreem – La prospérité, la richesse matérielle et spirituelle.

 

Et il y a bien évidemment des mantras beaucoup plus « bavards » comme Sarvesham Svastir Bhavatu, une prière de bénédiction chantée à l’endroit de tous les êtres vivants. Une très belle méditation à intégrer à sa pratique quotidienne pour ne pas oublier d’aimer l’autre, les autres, la planète et toutes choses conscientes d’ici ou d’ailleurs. L’interprétation de Sarvesham par Tina Turner est sublime et je la joins ici pour vous inspirer! Nous connaissons Tina La Tigresse mais cette Tina-là aussi gagne à être connue. Merveilleux mantra, chant majestueux et plein de puissance. Merci Tina.

 

 

Il existe par ailleurs plusieurs mantras chantés sur la toile. Pourquoi ne pas choisir celui qui vous attire et l’essayer? 🙂 Consommez-le sans modération, écoutez-le en boucles au bureau, en passant l’aspiro, dans le taxi, le métro, en svanasana, sous la douche, absorbez-le par tous les pores du corps, du cœur et du cerveau. Et voyez ce qu’il se passera quand le mantra aura charmé votre cerveau. Vous m’en direz des nouvelles et je sais d’avance qu’elles seront exquises.

Le temps viendra pour moi de consacrer un article dédié aux mantras spécifiquement  et aux archétypes prodigieux incarnés en eux. Dans l’expérience extatique du chant, les mantras se comportent comme s’ils avaient une personnalité et les Vedas nous disent que c’est bien le cas. Je me demande si le fait de penser Dieu en principe informe dénué de toute personnalité comme nous le faisons en Occident n’empêche pas d’accéder à l’Éveil, mais aussi à la richesse matérielle…

À très bientôt, Amis dans Le Sanctuayre© et
Prenez Soin de Lui en vous,

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