Chers Amis Sanctuayriens,
Chers Sanctuayristes du Grand Tout étant aussi le Grand Rien,

Cela faisait bien longtemps. J’espère que vous vous portez bien.

Plusieurs livres lus et écrits, plusieurs vies vécues en voyages et plus encore, et me voici de retour.

En relisant le message de bienvenue de ce blog, je réalise, avec du recul, toute son audace et toute sa justesse. Il y a deux ans, alors que je vivais en suspension entre l’Europe et l’Amérique, aux prises avec une soif inextinguible, un appétit dévorant de connaissance de l’Être-Divin, j’ai ouvert Le Sanctuayre. Dans le repli de ce mouvement vers l’intérieur qu’est la quête spirituelle, ce temps de fermeture au monde qui nous happe, nous possède tout en grand, j’ai souhaité ouvrir une porte pour créer une passerelle vers vous, autres cherchants, dans la réflexion commune, dans l’étude et la recension d’enseignements modernes ou anciens, de textes ésotériques ou religieux peu ou mal connus.

Je ne vivais pas seulement en suspension entre deux mondes terrestres, je vivais aussi en tension entre deux états intérieurs: d’un côté, il y avait le désir hypnotique, addictif de la matière; le désir d’être-avec qui nous main-tient tous. Être avec les choses, être avec les gens, être avec ses actes, agir constamment dans le monde pour que cet être-avec soit constamment nourri et me contienne. Nous le faisons tous. Nous passons tous par là. Certains y demeurent d’ailleurs une vie entière. Et d’un autre côté, en moi, il y avait un autre état, comme un écho régulier, un signal émis en continu depuis les contrées de l’invisible, encore plus puissant que l’attrait de la matière et tous ses jolis apparats: c’était l’être-avec la Divinité, l’être-avec la dimension cachée de l’existence.

Bashar dit que seul les Maîtres peuvent soutenir la tension du paradoxe. Il a tout à fait raison. Parce que cette tension paradoxale s’est avérée insoutenable.  Je n’en pouvais plus de tous mes livres, de toutes mes méditations, de toutes mes conversations sur la Source. Je n’en pouvais plus des grands speeches du New Age qui vous présente Divin-Le-Grand-Tout comme un Banquier à satisfaire ou qui doit nous satisfaire, ces discours bavards du dimanche qui réduisent la relation de l’Homme au Divin à une transaction propitiatoire. Je n’en pouvais plus de ceux qui finissent leurs phrases par « Namasté » en attendant que vous leur signiez un chèque ou simplement pour vous mystifier. Je n’en pouvais plus de ceux qui parlent de lumière tout le temps alors qu’ils sont eux-mêmes plein de colère, de fausseté et d’obscurité. Ce qui, vous vous en doutez bien, peut-être parce que vous l’avez vécu aussi, avait pour effet de réveiller ma propre colère, ma propre obscurité. Je désespérais de trouver la Source de toutes choses en eux, j’ai même commencé à désespérer de la trouver en moi.

Alors, après avoir lu tous les livres possibles et inimaginables sur le Divin pendant 4 ans, je me suis demandée pourquoi tous les grands Maîtres de l’Esprit, tous les Saints venaient de l’Orient. Nous avons transformé le Christ en figure religieuse occidentale mais cet homme était un oriental. Point barre. Muhammad, dont on utilise aujourd’hui les enseignements spirituels pour légitimer la haine de son prochain, venait lui aussi d’Orient. Zoroastre venait d’Orient. Lao-Tseu, Tchouang Tseu, Confucius venaient d’Orient. Le Bouddha venait d’Orient. Krishna venait d’Orient. Ainsi, tout naturellement, j’ai recherché un enseignant d’Orient encore vivant. Je l’ai trouvé en Amérique aussi. Il se faisait appeler « Gurudji ». Son nom importe peu. Ce qui importe, c’est ce qu’il a fait et la Voie sur laquelle ses actions m’ont mise. Ce guru m’en a appris plus sur les manifestations du Divin que tous les enseignants d’Occident réunis, que tous les livres ésotérico-philosophiques de ma bibliothèque réunis (et il y en a vraiment beaucoup…en papier et virtuel, je dirais l’équivalent d’une bonne forêt équatoriale).

Ce guru m’a appris une chose que l’on nomme Bhakti Yoga et Mantra Yoga. Par la pratique de plusieurs mantras (mot sanskrit que l’on peut traduire par « qui protège le mental »), il m’a appris à approcher le Divin comme une enfant démunie. Toute pleine que j’étais de mes connaissances sur Lui, je devais venir à Lui comme une enfant recherchant le sein perpétuellement nourricier de sa mère, et la protection omnisciente et infaillible de son père. Je devais venir à Lui comme si je ne savais rien de Lui. Et je devais le chanter pour qu’il m’entende. Le chanter à voix haute, très souvent, le chanter très fort. Le chanter avec émotions. J’ai adoré chanter, je me suis délectée de la poésie rituelle de Bhakti mais j’ai aimé le Divin plus que je n’a aimé Bhakti.

Des amis co-méditants du monde entier pratiquaient Bhakti avec moi pour des raisons diverses, mais très peu variées. Ils pratiquaient Bhakti pour demander à la Divinité sous ses formes multiples de régler leurs problèmes. Il y avait Lakshmi et Vishnu, pour régler les problèmes d’argent, Kala Bhairava, pour les transformer en maîtres du Temps, Le Seigneur Shiva pour vider le puits perpétuel des eaux boueuses de leur karma, sa forme féroce nommée Rudra, pour vaincre leurs ennemis dans un déferlement de colère divine; il y avait aussi Ganesha, ô Éléphantesque Ganesha, le Gardien du Temple des Dieux, Divin Créateur de problèmes et Divin Solutionneur de ces mêmes problèmes. Et il y avait Krishna, que l’on ne présente même plus, tant il a atteint le statut de rock-star de la Divinité chez les humains, au même titre que le Christ ou le Bouddha. Plus rock-star encore que ces deux Yogis-là, peut-être, puisque le Christ a été fugitif -et probablement alcoolique-, et que le Bouddha a été…le Bouddha, c’est-à-dire torturé, impassible, éteint et vu de loin, renonçant à la joliesse même d’être humain. Krishna, quant à lui, a été homme d’état, et DJ, et dragueur impénitent, et bandit, et mari, et amant, et père, avant de devenir la Voix directrice et sublime-terrible de la Gita. Oui j’ai un biais, je le reconnais. J’aurais certainement fait partie des Gopis qui dansaient au son de sa flûte dans Vrindaven si je n’avais pas eu cette allergie au lactose.

Pour en revenir à Bhakti et au chemin qui est maintenant le mien, j’ai appris qu’effectivement, j’étais arrivée à la croisée des chemins. Toutes ces psalmodies de mantras mélangés et de rituels -hautement poétiques- mais épuisants à respecter m’ont désenchantée. Tout autant que l’absence de résultats tangibles. Réciter un mantra parce qu’il nous donne la pêche, c’est comme boire un verre de vin (ou la bouteille). Ça fait du bien pendant qu’on le fait et une fois qu’on a fini, la sinistrose revient. J’ai récité beaucoup-beaucoup de mantras. J’ai appelé toutes sortes de divinités à l’aide et la sinistrose ne quittait un peu avant de revenir toujours. Les sinistroses, ce ne sont pas les problèmes d’argent ou les problèmes de santé, ou encore les problèmes relationnels. Ces choses ne sont que les symptômes, les aspects visibles d’un plus grand mal: l’identité.

L’identité humaine est une maladie. C’est même LA maladie. Transmise par nos parents, qui nous refilent leurs noms et enferment nos vies dans des films, des sagas psychiques que nous n’avons pas choisies. Transmise par nos sociétés, qui prennent le relais et les perpétuent, pour que nous y enfermions à leur tour nos enfants. Transmise par le fait d’être dans un corps qui est tantôt fort, tantôt fragile, qui commence, qui échoue, qui finit, bref une chose trop variable, trop instable pour qu’on lui fasse confiance, ce corps. Une chose organique qui se prend pour nous et qui finit par nous faire prendre pour elle. Voilà la sinistrose. Voilà ma sinistrose. Celle de tous les humains, cherchant le Divin ou pas. Celle que j’expérimentais alors sans pouvoir y mettre un terme effectif. Tout se passait comme si j’étais arrivée à comprendre intellectuellement, conceptuellement que je n’étais pas le corps ou la limite du corps, mais que je n’arrivais pas à mettre ce savoir en mouvement, en pratique ; à le penser suffisamment pour qu’il m’agisse.

Une impasse spirituelle qui vous parlent peut-être?

Eh bien, voilà comment je m’en suis sortie.

Oui, l’Éveil, ce n’est pas une blague. Ça n’arrive pas seulement dans les livres ou dans les mythes, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ça arrive vraiment. Dans le corps d’abord, puis dans la tête progressivement.

L’Éveil est une énergie qui se transmet. Pour commencer à s’éveiller, il faut trouver une source emplie d’Éveil. Si pleine d’Éveil elle-même qu’elle n’existe que sur ce mode et qu’elle ne peut que vous le transmettre. Cette Source est Guru.

 

C’est l’une des raisons pour laquelle l’Inde continue de perpétuer la tradition Maître-Disciple (Guru-Shishya). En Occident, la dernière incarnation de ce lien privilégié remonte probablement au Vème siècle avant Jésus-Christ l’Oriental, chez Socrate et ses disciples Présocratiques. Peut-être avons-nous eu Helena Blavatsky aussi. En Orient, ce lien est toujours existant, toujours promu, toujours vivace. Au milieu du charlatanisme, de la guruité vénale et du grand n’importe quoi de notre temps, la pureté de ce lien subsiste, persiste. Comme si son intégrité était conservée par la Divinité elle-même, qui prend corps pour incarner Guru, au milieu de la fausseté et du désordre apparents.

La lassitude de chanter à tue-tête les mantras de 7 divinités, de propitier les 9 planètes a eu raison de moi. J’ai fini par consulter une astrologue védique – particulièrement douée- pour lui demander quel était la nature de mon problème. Me sentant de plus en plus proche d’un certain archétype Divin, je Lui ai demandé, en prière, avant la consultation, de me faire passer un message clair par cette astrologue. Je n’ai pas été déçue. Il/Elle a résumé joliment et humoristiquement mon problème en 2 phrases :

  1. « Too many cooks spoil the broth » : Quand il y a trop de cuisiniers, la soupe est gâchée.
  2. « You are running a Saturn dasha and Ketu sits on your 12th house » : Vous traversez les 15 ans de Saturne et Ketu occupe votre 12ème maison.

Je reviendrai dans un autre post plus circonstancié sur cette dernière phrase, à propos de Ketu, la planète lunaire nodale du détachement, considérée -à tort, je pense- comme une planète maléfique, tout comme Saturne.

Pour faire simple, j’ai choisi de remédier au 2ème problème en réglant le premier.

Le Mantra n’est pas une simple formule poétique composée dans une jolie langue mystérieuse et érudite. Il est un bloc élémentaire de la Conscience, tout comme le neutron, l’électron ou le boson, par exemple, sont des blocs élémentaires de la Matière. Lorsqu’on joue avec les éléments constitutifs de la matière, au mieux, ça ne donne rien, au pire, ça donne une bombe. Je me suis prise de passion pour la théorie de la physique il y a quelques années, mais n’étant pas physicienne-et ne cherchant pas à le devenir-, je ne vais pas fabriquer un kit de fission nucléaire avec des éléments commandés sur internet et des tutos. J’exagère, mais c’est fort à propos. Si j’avais voulu devenir physicienne, je me serais inscrite dans une université pour étudier la physique auprès de professeurs physiciens confirmés. J’aurais même affiné mes recherches, me restreignant à un domaine précis de la physique, la physique quantique par exemple, pour en devenir une experte et produire des résultats répliquables par tous mes collègues-étudiants ou chercheurs.

Il en va de même pour l’Éveil. L’on peut s’y intéresser, et c’est généralement ce que l’on fait lorsque l’on parle de « spiritualité ». Mais l’on peut s’y intéresser sans pour autant Le désirer, en diléttante, comme ça, parce que ça fait du bien. Comment obtenir des résultats visibles et durables dans ce cas? Pour apprendre et mesurer ses progrès dans un domaine, donner corps à un savoir particulier, il faut avoir un professeur qui a déjà appris ce que nous cherchons à faire, et il faut avoir le désir d’aller en classe pour s’exercer, être noté, n’est-ce pas?

Dans la foule des désirs qui nous possèdent et se prennent pour nous, identifier Le désir brûlant de Ce que d’aucuns rejettent.

 

J’ai rompu mon histoire d’amour avec le Bouddha du Bouddhisme -pas avec Siddharta- pour deux raisons simples : 1. Il est athée – 2. Il propose de tuer le désir. Je ne suis d’accord ni avec l’un, ni avec l’autre. Les athées sont comme les tenants du dogme religieux : ils énoncent un discours sur le monde, assorti d’une méthode qu’ils disent supérieure, parce que ses bases sont scientifiques. Pourtant, ce discours et cette méthode n’éliminent pas la souffrance d’exister. Il en va de même pour les tenants du dogme religieux, dont les fondements du discours, ainsi que la méthode (le rituel) sont mythologiques. Là aussi, viandage absolu pour le dogme religieux, qui a échoué dans la mission qu’il s’était pourtant donnée : éliminer la souffrance d’exister. En outre, le fait d’être athée présente  le sérieux désavantage de restreindre considérablement toute possibilité de transcendance, de désidentification au corps, puisque le corps et son appareil sensoriel sont perçus par l’athée comme la seule réalité.

Pour ce qui est des désirs, je les ai toujours soupçonnés d’être de petits miroirs aux alouettes, de pâles reflets d’un Désir plus grand qui les étreindra, ou les éteindra tous. Celui du Divin. Et mon expérience me dit que pour être mise sur le chemin authentique de l’Éveil, il faut le désirer. Pas le désirer comme le désir amoureux, qui survit difficilement au vieillissement de la psyché ou du corps, pas comme le désir d’une paire de Louboutin, qu’on finit par empiler avec ses tongues et ses chaussons (…), même pas comme le désir d’un bon plat de pates qui finit par lasser à force d’en manger, encore moins comme le désir de faire carrière, qui finit par nous user le corps et le mental, ou pire, par nous rendre l’âme exclusivement matérialiste et cynico-capitaliste. L’Éveil, il faut le désirer parce que c’est l’Éveil. Le désirer pour rien d’autre que Lui-même. Parce qu’il est le mouvement naturel des âmes d’éther qui ont fini leur nuit de sommeil dans des corps de chair. Avoir du désir pour l’Éveil comme on a du désir pour le fait de respirer.

Ce désir est une chose toujours disponible, toujours présente, dissimulée dans la masse des désirs qui peuplent nos coeurs et nos psychés. Ce désir, je l’ai vu et je l’ai verbalisé. À deux reprises. La première fois, en m’adressant à la Source, dans son impersonnalité. Je ne savais pas à qui je parlais, comme la plupart d’entre nous, lorsque nous appelons « Dieu ». J’ai dit à cette source impersonnelle que je voulais, comme le Christ, m’éveiller. Je lui ai dit: « Christ me. I want to be christed. »

La deuxième fois, six mois de Bhakti à mantras multiples plus tard, je me suis décidée à choisir un seul aspect de la Divinité. Une seul, mais pas n’importe lequel. Pas celui que j’avais le plus de plaisir à prier, parce qu’en y réfléchissant bien, j’avais beaucoup de plaisir à les prier tous, à l’exception de Lakshmi, que je ne comprenais pas vraiment (je reviendrai dans un autre post sur la Merveilleuse Shakti dont Lakshmi fait vraisemblablement partie). De tous ces archétypes divins, donc, j’ai choisi celui qui avait tous les atouts pour me retenir. Il fallait que le Divin me retienne parce que mes désirs de Matière sont grands, très grands. Ils étaient à l’époque, tout aussi grands que mon Désir d’être en union avec La Divinité. Et pour cette raison, ils avaient le pouvoir de m’enfermer dans leur ravissement et de me ravir littéralement, de m’enlever à l’Éveil.

Cet enseignant qui m’a appris La Bhakti, m’a aussi appris à considérer la dimension mythologique du Divin avec le plus grand des sérieux. J’honorais déjà le Mythe intuitivement, dans ma pratique de conteuse. Mais je ne savais pas qu’il portait en germe le pouvoir de me mettre sur la voie précise-précieuse de l’Éveil. Ainsi, au terme de ces nombreux rendez-vous livresques avec tous mes Amants Divins, j’en ai choisi un. J’ai arrêté tous les rituels, toutes les offrandes, toutes les pujas maladroites de l’Occidentale que je suis (ceci ne change rien à la beauté poétique de la Puja, j’y reviendrai aussi), j’ai remercié l’enseignant de la Bhakti pour ne plus appeler que cet aspect du Divin que j’avais choisi (peut-être est-ce lui qui m’a choisie). Je n’ai appelé que lui et seulement lui, pendant un mois. À voix haute, à voix basse. J’ai dit son nom, constamment. Et sous sa forme actuelle, il m’a répondu. Ainsi, j’ai reçu Diksha et Shaktipat de Guru. Celui qui porte un grand G. Celui qui prend corps pour nous guider, celui qui choisit une vie bien à l’avance pour se manifester.

Le but de ce post n’est pas de convaincre ou d’être prosélyte, mais de raconter comment, perdue en terre d’Éveil, j’ai fini par trouver la porte sur laquelle se trouvait l’écriteau où sont inscrits les mots du réconfort du cherchant fatigué : « C’est ici. Entrez ». J’ai voulu partager avec vous ce temps fort de la vie spirituelle que beaucoup d’entre nous recherchent sans savoir comment le trouver. Certains cherchants ne le cherchent même pas et vivent une vie spirituelle atone, catatonique ou en dents de scie, entre pics de manifestations divines et accalmies.

J’ai fait partie de ceux-là et c’est l’écoute du Divin qui m’a mise sur la Voie du Yogi. L’écoute attentive, et l’obsession, et le constat de ma propre petitesse.

Je l’ai souvent écrit sur ce blog, je continue de le penser : Le Divin est une énergie de Tendresse. Mais il est aussi Omnipotent. Il n’a pas besoin de moi. Il n’a pas besoin de nous. Il n’a pas besoin du Sanctuayre. C’est nous qui avons besoin de Lui. Et le besoin du Divin est ce qui l’a présentifié dans ma vie, sous forme d’un guru à corps sanctifié qui m’a transmis une pratique spirituelle authentique. J’ai découvert que pour entrer en Amitié avec Le Divin, il faut s’intéresser à Lui. Pas à soi…On passe toute une vie à s’intéresser à son petit soi et pourquoi faire? Pour finir comment? Entrer en Amitié avec le Divin, c’est entrer en Terre d’Éveil. Entrer en Terre d’Éveil, c’est être témoin, comme les apôtres du Christ, ou les disciples de Krishna en leur temps, de Sa présence réelle, vivante. C’est sortir du champ de l’imaginaire spirituel pour entrer dans le champ spirituel expérientiel.

On peut convaincre quelqu’un de méditer, on peut convaincre des millions, voire des milliards de personnes de prier, de s’agenouiller, de pratiquer des rites en tout genre. Mais on ne peut pas convaincre quelqu’un d’Aimer le Divin. C’est un amour qui germe tout seul, dans le secret de nos vies, de nos psychés, dans la clarté secrète de nos pensées. Et c’est lorsqu’il a germé chez moi, que le Divin est apparu. Précisément. Pas dans un rêve, pas dans un livre, pas dans une théorie. Mais dans une pratique à laquelle il faudra se consacrer envers et contre tout. Contre mes vieilles croyances, que le Guru désintègre peu à peu (ou parfois très vite), contre mes illusions d’identité, de solidarité, de grandeur, de familiarité.

S’abandonner dans les bras amoureux de Guru, qui mène la Danse dorénavant.

 

Depuis que j’ai reçu Shaktipat, je réapprends à vivre. On m’avait prévenue : l’initiation marque une nouvelle naissance. Cette histoire de nouvelle naissance dont parlait déjà le Christ, qui était lui aussi une incarnation de Guru, n’est pas une fable. L’initiation par un Être Réalisé marque le début d’une nouvelle vie. C’est une joie parce qu’on laisse son vieux soi derrière soi. On meurt à l’ancien pour renaître au nouveau, comme disent certains mystiques célèbres d’Occident. C’est un défi aussi, parce qu’avec le vieux soi que l’on laisse, toutes ses projections aussi sont abandonnées: les amitiés s’en vont (parce qu’elles n’en étaient pas), les plaisirs d’avant s’en vont (parce qu’ils n’en étaient pas), les croyances rassurantes sont détruites (parce qu’elles ne l’étaient, rassurantes). Tout ce qui est inauthentique vous quitte. Tout ce qui est faux s’en va.

En intimité avec Guru-Shakti, qui devient plus que votre meilleur(e) ami(e), qui devient vos yeux, votre coeur, qui prend progressivement le contrôle de votre corps et de votre perception pour ôter les erreurs qui s’y sont logées, les remplaçant par une intelligence supramentale, enfin en intimité tant désiré avec La Divinité, on se met à arpenter le chemin de la vie dans un corps renouvelé et on adopte une posture existentielle toute nouvelle : sur le fil ténu du réel physique qui se désagrège peu à peu sous nos pieds, on apprend à danser avec Lui. Depuis les profondeurs de notre intérieur, Guru-Shakti guide notre danse de funambule, la rythme de sa propre musique, de son pas divinement cadencé. Des profondeurs, Il domine. On est inconfortable, et vulnérable, comme un enfant apprenant à marcher.

Mais on est aussi dans une forme de joie, parfois extatique et parfois paisible, comme lorsqu’on a perdu l’usage de ses jambes pour un temps et qu’on réapprend à marcher à force de pugnacité. Ou comme l’enfant à quatre pattes, rasant les murs pour ne pas tomber que nous avons jadis été. Insistant. Poursuivant sa marche-maladresse parce qu’il sait, l’enfant. Parce qu’instinctivement, il sent. Il sent qu’à force de suivre les pas trop grands de Papa et Maman, le temps vient, où enfin seul, confiant, imperturbable, il se tiendra droit et marchera.

Namo Nama Sri Guru Padukabhyam.

Prenez soin de vous en Lui,
Et bonne marche en Terre d’Éveil.

 

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 6840affb8ec1bc527577a8c541852aae Les articles du Sanctuayre sont soumis à droits d’auteur. Alors, avant de nous citer, contactez-nous . Et si vous souhaitez échanger, partager vos réflexions, n’hésitez pas à commenter directement les articles !


 

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